Sécurité routière :les éthylotests bientôt obligatoires dans les établissements de nuit
Cet automne, les dispositifs de dépistage d'alcool deviendront obligatoires dans les établissements de nuit, notamment dans les boîtes de nuit.
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5500 établissements concernés
Dans les tiroirs depuis 2008, la mise à disposition de dispositifs de dépistage d'alcool dans les établissements de nuit devrait être effective cet automne, une fois que les ministères de la Santé, des Transports et de l'Intérieur auront mis la touche finale à l'arrêté formulant les modalités d'application de cette mesure.
Selon Le Figaro, outre les 2500 boîtes de nuit de l'Hexagone, l'arrêté visera également 5500 établissements ouverts entre 2h et 7h du matin. Si le chiffre semble important, il faut savoir qu'originellement, le texte concernait l'ensemble des établissements de nuit servant de l'alcool, lesquels sont au nombre de 200 000.
Ethylotest électronique ou chimique, au choix
Si dans un premier temps il n'était question que d'éthylomètres ou de bornes, les établissements concernés par la mesure auront finalement le choix entre un éthylotest électronique et des éthylotests chimiques. Le Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs (Synorcat) a, en effet, fait valoir que l'éthylomètre représentait un investissement financier trop important pour la plupart des établissements puisque l'installation du dispositif sera entièrement à leur charge.
S'ils optent pour un éthylotest chimique, ils devront ainsi en mettre au moins 50 à disposition de la clientèle et ce, quelle que soit la capacité d'accueil, et avoir un stock correspondant à 25% de son taux de fréquentation.
En ce qui concerne les éthylotests électroniques, le texte précise que les clients ne devront pas attendre plus de 15 minutes pour y avoir accès.
Un texte « anti-boîtes de nuit »
Dans sa première mouture, cette mesure devait concerner l'ensemble des établissements servant de l'alcool de nuit, y compris les bars et les brasseries. Il n'en est plus question aujourd'hui. C'est peut-être pour cette raison que les patrons de discothèque considèrent désormais cet arrêté comme un texte « anti-boîtes de nuit », taclant au passage le coût élevé des machines, le manque de fiabilité des résultats ou encore l'absence de pouvoir coercitif.
Mais ce qui a du mal à passer, c'est cette impression que les établissements qui « servent le dernier verre » sont dans le viseur tandis que ceux qui servent le premier passent entre les mailles du filet.
Les gérants d'établissements de nuit redoutent aussi que leur responsabilité judiciaire soit engagée lorsqu'un conducteur alcoolisé a un accident. « Si un client positif prend quand même sa voiture, on ne peut rien faire, car nous n'avons pas de pouvoir de police. Mais on ira chercher la responsabilité du gérant car la machine aura révélé la présence d'alcool », dénonce ainsi Patrick Malvaës, président du Syndicat national des discothèques et des lieux de loisirs (SNDLL) dans Le Figaro.
Enfin, certains s'inquiètent aussi de voir ces appareils encourager les concours de soûlerie.
Pour l’empêcher, le Synhorcart demande donc qu'on laisse à chaque établissement concerné la possibilité de rendre payant l'éthylotest ou l'utilisation de l'éthylomètre.
Notre conseilQuoi qu'en pensent les principaux concernés, soulignons qu'une fois n'est pas coutume, l'Etat s'attaque à la première cause de mortalité routière en France plutôt que de continuer à pointer du doigt les excès de vitesse, dont la répression est, il est vrai, plus lucrative. |
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© Euro-Assurance – Jonathan RODRIGUEZ – août 2011
