L'empathie : génétique ?

Un gène serait-il responsable de l’empathie ? C’est en tout cas ce que des chercheurs américains viennent de démontrer. 23 couples d’amoureux ont servi de « cobayes » pour cette expérience. Euro-Assurance, votre partenaire mutuelle santé, vous la raconte.

Empathie et ocytocine

L’empathie est la faculté de se mettre très facilement à la place des autres. Et ainsi de comprendre mieux que personne ce qu’ils ressentent. C’est une aptitude particulière dont certaines personnes semblent disposer, et d’autres non.

D’où vient-elle ? On pensait que c’était de l’éducation. Mais peut-être est-elle en fait génétique, ce que des chercheurs de l'université de l’Oregon essayent de démontrer depuis plusieurs années.

De précédentes expériences avaient déjà établi que l’ocytocine semblait jouer un rôle dans l’aptitude à l’empathie. Ce qui n’est pas si surprenant, puisque cette hormone entre en jeu dans le comportement, les rapports sociaux et notamment l’autisme.

Couples d’amoureux

Pour l’expérience menée récemment, 23 couples d’amoureux ont été recrutés. Dans chaque couple, l’un devait raconter un moment triste de sa vie, tandis que l’autre était filmé en train de l’écouter. Avant cela, un prélèvement de salive avait permis de déterminer la forme de gène récepteur d’ocytocine dans l’ADN de celui qui écoutait (des formes baptisées « GG », « AA », « AG »).

Résultat : les personnes qui montraient le plus d’empathie étaient toutes porteuses d’une version « G » du gène récepteur de l’ocytocine. Alors que les moins empathiques étaient tous porteurs d’une version « A » de ce gène.

Reconnaissance instinctive

Il semblerait donc que la structure du gène récepteur de l’ocytocine soit déterminante dans la faculté d’empathie. Mieux encore, et plus étonnant : les empathiques sont reconnus de manière instinctive par les autres. En effet les images de l’expérience, privées de son, ont été montrées à des observateurs pendant 20 secondes. Ils ne connaissaient pas les couples. D’un simple coup d’œil, ils ont reconnu les personnes les plus empathiques.

Notre conseil

La conclusion de tout cela tend à prouver, s’il en était encore besoin, que la génétique est véritablement déterminante dans les différences de comportements. Cela ouvre des voies en matière de thérapie, par exemple en matière d’addictions comme l’alcool ou la drogue. Des recherches dans ce sens vont se poursuivre au cours des prochaines années.

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© Reed Digital, Laurence de Percin, janvier 2012