Sécurité routière : le kit mains-libres dans la ligne de mire
Une fois de plus, le portable au volant est à nouveau dans la ligne de mire des autorités. Mais cette fois, le kit mains-libres est également visé. Selon un rapport rendu public il y a peu, un accident de la route sur dix implique l'utilisation un téléphone portable, avec ou sans kit mains-libres.
Euro-Assurance, votre spécialiste de l'assurance auto, vous en dit plus.
Que dit la loi actuellement ?
En France, téléphoner en conduisant ne constitue pas une infraction spécifique. Cependant, l'usage du téléphone au volant contrevient à l'alinéa 2 de l'article R 412/6 du Code de la route qui dit que « tout conducteur doit se tenir constamment en état et en position d'exécuter sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent ».
L'utilisation du kit mains-libres au volant est donc implicitement permise.
Pourtant, le sur-risque d'accident matériel ou corporel en cas de conversation téléphonique au volant est d'environ 3 selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et l'Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux (Ifsttar).
L'exemple espagnol ?
Selon ce même rapport, on estime que 6 % des conducteurs impliqués dans des accidents de la route étaient au téléphone au moment de l'impact. C'est pourquoi tous nos voisins, à l'exception de la Grande-Bretagne et de la Suisse, ont récemment créé des infractions spécifiques pour l'utilisation du téléphone au volant, l'Espagne étant cependant le seul pays européen à l'interdire explicitement, y compris avec kit mains-libres.
Un exemple à suivre pour la France ? Pour l'heure, Michèle Merli, déléguée interministérielle à la Sécurité routière, semble vouloir temporiser, préférant renvoyer tout le monde au Comité interministériel à la Sécurité routière qui se tiendra avant l'été.
Pour autant, elle semble partisane d'une sensibilisation des automobilistes, arguant que s'ils sont « conscients de la dangerosité de téléphoner au volant, ils adapteront leur comportement ».
D'autre part, pour que les salariés souvent sur la route comme les commerciaux ou les livreurs ne se sentent pas obligés de passer des coups de fil professionnels en conduisant, des conventions entre le gouvernement et les employeurs sont à l'étude.
Une interdiction difficile à mettre en place
Le rapport dévoilé récemment avance quant à lui prudemment qu'il « pourrait convenir de faire évoluer la législation » tout en ajoutant que « les rares tentatives d'analyses coûts-bénéfices d'une éventuelle interdiction » sont « peu probantes » et « ne sont pas en mesure de démontrer l'intérêt socio-économique » d'une telle décision.
Seulement voilà, aucune étude sérieuse ne permet pour l'instant d'évaluer l'impact qu'aurait l'interdiction du kit mains-libres sur l'accidentologie. C'est pourquoi une phase de tests pourrait être engagée dans certains départements, comme ce fut le cas pour les radars de feux rouges ou les radars-tronçons par exemple.
Par ailleurs, la question se pose de savoir s'il ne serait pas plus judicieux de commencer par faire en sorte d'appliquer la loi actuelle, puisque 40% des automobilistes qui téléphonent au volant le font combiné à la main.
Enfin, constater l'infraction risque d'être un vrai casse-tête pour les forces de l'ordre.
Le gouvernement étudie donc plusieurs pistes pour tenter de juguler l'utilisation du téléphone au volant. Parmi les mesures envisagées avec les opérateurs de téléphonie, des téléphones qui se mettraient automatiquement sur messagerie dès que vous prenez le volant ou encore des messages vocaux intrusifs rappelant les dangers du téléphone au volant. Reste à savoir si la technologie permettra la mise en œuvre de ces idées.
Fiche produit : assurance auto
Devis et souscription en ligne : devis assurance auto
© Euro-Assurance – Jonathan RODRIGUEZ – juin 2011
