"Je ne suis jamais ivre"
Dans l'inconscient populaire, l'alcoolique est souvent associé à un "ivrogne", perpétuellement ivre et hors de contrôle. Certains consommateurs se rassurent de cette sorte, en pointant du doigt ceux qui, selon eux, ne "tiennent pas l'alcool". Pourtant, il est évident que l'alcool, comme toutes les drogues, entraîne une accoutumance, et que la tolérance du cerveau envers le produit augmente proportionnellement à la régularité de la consommation. Ainsi, celui qui boit de façon excessive, sans pour autant être ivre, est souvent plus proche de tomber dans la dépendance qu'un consommateur moins habitué à la prise d'alcool.
"Je ne bois que du vin ou de la bière"
La hiérarchie entre les boissons alcoolisées est un autre mythe qui a la vie dure. Beaucoup restent persuadés qu'un verre de vin est moins nocif qu'un verre de whisky. Pourtant, les études sont formelles, les verres d'alcool servis dans les établissements ont exactement la même teneur en éthanol (alcool pur), c'est à dire 10 grammes. Ainsi, 3 cl de whisky est égal à 10 cl de vin, comme une chope de bière de 25 cl ou un apéritif de 7 cl.
Ce n'est donc pas la nature de l'alcool ingéré qui joue, mais bien la quantité. Bien sûr, si le consommateur en question parle d'un « verre » de whisky de 25 cl, conseillez-lui plutôt de prendre du vin...
"Je ne bois que le week-end"
Parmi les différentes formes de dénis chez les consommateurs d'alcool, l'ivresse occasionnelle est un argument très souvent utilisé. Mais que vous buviez trois verres par jour pendant cinq jours, ou quinze en un week-end, le résultat est le même. Le danger peut être même plus élevé lors de ces ivresses occasionnelles : risque de coma éthylique, d'accidents etc. Évidemment, la consommation réduite mais quotidienne n'est pas non plus sans danger, elle augmente le risque d'une dépendance liée à des "rituels", et concourt à faire perdre de vue les repères entre le raisonnable et l'excès.
"Je bois moins que les autres"
Tout comme le tabac, la dépendance à l'alcool est une dépendance insidieuse. Elle s'installe dans la durée et s'exprime différemment selon les individus. De nombreux consommateurs estiment ne pas être en danger de par leur soi-disante "modération". Pourtant, la frontière est mince et souvent sous-estimée. Pour rappel, les seuils d'une consommation modérée se situent à trois verres d'alcool par jour chez l'homme, et deux chez la femme.
"L'alcool m'aide dans ma vie sociale"
Comme beaucoup de psychotropes, l'alcool a un effet désinhibateur sur notre cerveau. Chez certains consommateurs, par exemple introvertis ou timides, l'alcool peut avoir un effet libérateur sur la parole, l'expression des émotions, valoriser l'estime de soi etc. Cette euphorie, réelle, est pourtant très dangereuse.
Premièrement, utiliser l'alcool comme une "béquille" est l'un des chemins qui mènent le plus rapidement à la dépendance : ce type de consommateur peut vite devenir incapable « d'agir » sans avoir bu au préalable. Deuxièmement, l'alcool entraîne une altération des perceptions, y compris de celle que l'on a de soi-même : ainsi, boire vous rendra sûrement moins timide et plus à l'aise, mais peut-être aussi ridicule ou pathétique aux yeux des autres.
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© Euro-Assurance – Guillaume GARNIER – décembre 2011